Vue aérienne de collines verdoyantes de plantations de thé disposées en terrasses circulaires au cours de la récolte du thé en été en Chine, sous un ciel nuageux.
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Récolte du thé en été en Chine : que vaut vraiment le Xia Cha ?

Le Xia Cha désigne les thés récoltés en été en Chine, une saison souvent moins prestigieuse que le printemps. Pourtant, chaleur, pluie et croissance rapide donnent aux feuilles un caractère différent. Découvrez ce qui distingue le thé d’été chinois des récoltes printanières, du pré-Qingming et du second flush.


J’ai vu passer la mention de « Xia Cha », ces thés récoltés en été en Chine.

Et, forcément, ça m’a intriguée.

Je connaissais surtout les prestigieux thés de printemps chinois : les premières petites pousses de l’année, les récoltes de pré-Qingming, les thés que l’on attend parfois avec impatience comme s’il s’agissait de la première fraise de la saison.

Alors, quand j’ai découvert qu’il existait aussi tout un monde autour de la récolte du thé en été, je me suis demandé : qu’est-ce qu’on fait du théier une fois que le printemps est terminé ?

Est-ce que le thé d’été est simplement une version moins raffinée du thé de printemps ? Est-ce qu’il correspond au fameux second flush dont on entend parler pour certains thés ? Et surtout : est-ce qu’un thé récolté en plein été mérite vraiment notre attention ?

Après quelques recherches, j’ai découvert une histoire beaucoup plus intéressante que je ne le pensais.

Parce que le Xia Cha (夏茶) n’est pas simplement « du thé récolté quelques mois plus tard ». La chaleur, la lumière, la pluie et le rythme de croissance du théier changent la feuille… et donc ce que l’on retrouve dans notre tasse.



夏茶 – Xia Cha signifie littéralement « thé d’été ». En Chine, le terme désigne les feuilles de thé récoltées et transformées pendant la saison estivale, généralement après les premières récoltes de printemps.

La période exacte varie selon les régions, le climat et l’altitude, mais les récoltes estivales se situent souvent entre la mi-mai et juillet.

En été, les théiers poussent plus rapidement sous l’effet de la chaleur, de la lumière et des précipitations. Les feuilles ont alors une composition différente de celles récoltées au printemps : elles peuvent notamment être plus riches en polyphénols et en caféine et relativement moins riches en acides aminés.

En tasse, cela peut donner un thé plus corsé, astringent ou amer qu’une récolte printanière.

Cela explique aussi pourquoi le Xia Cha est généralement moins recherché pour les thés verts chinois les plus délicats, mais peut être intéressant pour certains thés noirs chinois et d’autres styles nécessitant davantage de structure.

Mais attention : moins délicat ne veut pas forcément dire moins intéressant.

Et c’est justement là que ça devient passionnant.

Une vue rapprochée d'une plantation de thé en terrasses en pleine récolte du thé en été en Chine, le xia cha, montrant des rangées de buissons de thé d'un vert éclatant sous un soleil de plomb.

Pour comprendre le Xia Cha, il faut presque imaginer le théier comme quelqu’un qui change complètement de rythme au fil des saisons.

Au printemps, il sort de son repos hivernal. Les premières pousses apparaissent et, selon les conditions, leur croissance relativement lente permet de développer des profils particulièrement fins.

Puis arrive l’été.

  • Plus de chaleur.
  • Des précipitations plus importantes dans certaines régions.
  • Une croissance beaucoup plus rapide.

Le théier produit alors de nouvelles pousses en quantité. Dans certaines régions chinoises, plusieurs récoltes peuvent ainsi se succéder du printemps à l’automne.

Et cette accélération n’est pas sans conséquence.

Les feuilles d’été peuvent contenir davantage de composés associés à la force, à l’amertume et à l’astringence, tandis que certains composés liés à la douceur et à l’umami sont moins dominants que dans les jeunes pousses printanières.

Le résultat ?

Une feuille qui n’est pas forcément idéale pour produire le thé vert le plus délicat… mais qui peut avoir d’autres cartes à jouer.

La première fois que j’ai découvert cette différence, j’ai trouvé ça assez logique.

Même le théier semble avoir un rythme complètement différent en été.

Et finalement, c’est peut-être ça qui rend les récoltes saisonnières aussi intéressantes.

Gros plan sur les mains d'un cueilleur sélectionnant délicatement de jeunes pousses de thé fraîches sur un théier, sous une lumière d'été lumineuse avec un panier en osier en arrière-plan.

C’est probablement la question que je me suis posée le plus naturellement.

Et la réponse est beaucoup moins catégorique que je ne l’imaginais.

Au printemps, le théier sort de son repos hivernal et les jeunes pousses se développent dans des conditions généralement plus fraîches. Ces conditions sont particulièrement appréciées pour les thés verts chinois délicats, dont on recherche la fraîcheur, la douceur et les arômes fins.

Pour tirer le meilleur parti de ces premières pousses printanières sans gâcher leurs arômes subtils, retrouvez mon guide pour apprendre à aimer le thé vert chinois et maîtriser enfin sa préparation.

En été, les feuilles poussent plus rapidement. La tasse peut alors gagner en corps, en puissance et en astringence.

Sur le papier, le printemps semble donc avoir toutes les cartes en main.

Mais voilà le petit piège : tous les thés chinois ne recherchent pas la même chose.

Prenez le Longjing : ses premières récoltes de printemps, notamment celles cueillies avant Qingming, sont particulièrement recherchées pour leur fraîcheur, leurs notes végétales délicates et leur douceur. C’est justement cette finesse qui fait la réputation des grands Longjing de printemps.

À l’inverse, certains thés noirs chinois peuvent très bien tirer parti de feuilles récoltées plus tard dans la saison. Le Dianhong, le célèbre thé noir du Yunnan, peut notamment être produit à partir de différentes récoltes et offrir, selon la matière et la transformation, une tasse plus ample, maltée et chaleureuse.

Et du côté des oolongs chinois, c’est encore une autre histoire. Pour un Tieguanyin, un Wuyi Yancha ou un Dancong, la qualité finale dépend énormément du cultivar, du terroir, du moment de récolte et surtout du savoir-faire du producteur.

C’est ce que je trouve finalement le plus joli dans cette histoire.

Le thé d’été n’essaie pas d’être un thé de printemps.

Le Longjing de printemps recherche la finesse et la fraîcheur.

Certaines récoltes destinées à des thés noirs recherchent davantage de puissance et de structure.

Ils racontent simplement deux moments différents dans la vie du même théier.


Si vous vous intéressez un peu aux thés chinois, vous avez probablement déjà rencontré le terme Qingming. J’en ai notamment fait un article dédié sur le blog.

Qingming est une fête traditionnelle chinoise qui tombe généralement au début du mois d’avril. Dans le monde du thé, la période qui précède cette fête est particulièrement importante.

Les feuilles récoltées avant Qingming sont appelées pré-Qingming (明前) et sont souvent associées aux premières jeunes pousses de l’année. En été, le théier continue son cycle et produit de nouvelles feuilles.

Voici comment je résumerais simplement la différence :

Évidemment, ce tableau simplifie beaucoup les choses.

Le terroir, le cultivar, l’altitude et le travail du producteur peuvent complètement changer le résultat.

Mais il permet de retenir l’essentiel : pré-Qingming et Xia Cha correspondent à deux moments très différents dans le cycle du théier.

Et surtout, il ne faut pas imaginer que toute récolte estivale est simplement une « version tardive » du thé de printemps.

Infographie comparative intitulée "Feuilles de thé : printemps vs été". À gauche, une jeune pousse de thé de printemps (Qingming) vert clair aux bourgeons duveteux, douce et délicate. À droite, une pousse de thé d'été (Xia Cha) vert foncé, aux feuilles plus grandes, épaisses et au goût plus corsé.

Et c’est là que j’ai commencé à me perdre dans les termes.

First flush. Second flush. Xia Cha. Récolte de printemps. Récolte d’été…

Tout semblait vouloir dire plus ou moins la même chose.

En réalité, ce n’est pas tout à fait le cas.

Donc non, Xia Cha et second flush ne sont pas strictement synonymes.

Un second flush correspond avant tout à une deuxième récolte, tandis que Xia Cha fait référence à la saison estivale.

Les deux peuvent parfois se chevaucher, mais ils ne décrivent pas exactement la même chose.

En Chine, on parlera donc de Xia Cha pour une récolte estivale.

Le terme second flush est, lui, particulièrement associé à certains thés indiens, notamment le Darjeeling.

Cette petite distinction est utile lorsqu’on commence à comparer les thés de différents pays.


Alors, est-ce qu’on peut reconnaître un Xia Cha simplement en le goûtant ?

Pas forcément.

Il n’existe pas une recette universelle du « thé d’été ». Le terroir, le cultivar, l’altitude, la météo, la façon dont les feuilles sont cueillies et surtout leur transformation jouent tous un rôle. Deux récoltes estivales peuvent donc donner des tasses très différentes.

Mais si je devais vous donner une petite image pour vous représenter le profil d’un thé récolté en été, je dirais qu’il a souvent un peu plus de caractère. Il peut être :

  • plus corsé ;
  • plus structuré ;
  • plus astringent ;
  • moins délicat qu’une récolte printanière ;
  • parfois plus franc et persistant en bouche.

Selon le thé et sa transformation, on peut également retrouver des notes de fruits mûrs, de miel, d’épices ou de bois.

C’est particulièrement intéressant pour certains thés noirs chinois. Imaginez par exemple une tasse de Dianhong du Yunnan : une infusion sombre, chaleureuse, avec des notes maltées, miellées ou fruitées.

Mais attention : cela ne signifie pas que tous les thés d’été sont forcément corsés. Une même feuille peut être flétrie, roulée, chauffée ou oxydée différemment et donner des résultats très différents.

C’est d’ailleurs ce que je trouve fascinant dans les histoires de récolte : on pourrait croire que tout commence lorsque la feuille arrive dans notre tasse.

En réalité, son histoire commence bien avant avec le moment précis où quelqu’un décide de la cueillir, puis avec tout le travail qui transforme cette feuille en thé.

On n’est donc pas vraiment dans la petite tasse végétale et printanière que l’on boirait avec attention pour ne surtout pas perdre une nuance aromatique.

On est parfois dans quelque chose de plus enveloppant, plus présent en bouche.

Et parfois, c’est exactement ce dont j’ai envie.

Et si certains de ces mots — astringent, corsé, oxydé, flétri… vous semblent encore un peu mystérieux, pas de panique : ce sont justement les petits mots qui permettent de mieux comprendre ce que l’on retrouve dans une tasse. J’ai d’ailleurs préparé un guide du vocabulaire du thé pour vous aider à décoder tout ce jargon sans avoir besoin de devenir sommelier du thé.

Une vue de dessus montre deux tasses de thé blanc sur un plateau en bois brun foncé, chacune reposant sur un petit sous-verre en bois sculpté. Les tasses sont remplies d'un liquide ambré chaud, et un petit récipient en bois rempli de feuilles de thé sèches et torsadées est posé derrière elles. Les feuilles de thé sont probablement issues d'une récolte du thé en été en Chine, comme un thé noir du Yunnan ou un Dianhong. La scène est éclairée de manière douce et naturelle, ce qui met en valeur la texture du bois et la couleur riche du thé.
Thé noir du Yunnan ou Dian Hong, s’il est récolté en été, il obtient un goût plus corsé une fois infusé.

Il y a quand même une raison pour laquelle on parle beaucoup plus des premières récoltes de printemps.

Pour certains thés chinois, notamment les thés verts les plus fins comme le Longjing ou le Biluochun, les premières pousses de l’année sont particulièrement recherchées.

Le thé d’été souffre donc un peu de cette comparaison.

Mais je pense que le problème vient surtout du fait qu’on compare parfois des thés qui n’ont pas le même objectif.

C’est un peu comme comparer une pêche d’été parfaitement mûre à une pomme croquante d’automne et décider qu’il doit forcément y avoir un gagnant.

Je préfère poser une autre question :

Qu’est-ce que j’ai envie de boire aujourd’hui ?

Si j’ai envie d’une tasse délicate, fraîche et florale, je vais naturellement être attirée par une belle récolte de printemps.

Si j’ai envie d’un thé plus franc, avec davantage de présence en bouche, le caractère d’une récolte estivale peut au contraire être exactement ce que je recherche.

Un plan moyen en plongée montre une personne en train de trier des feuilles de thé fraîches et vertes dans un grand panier rond tissé. La personne, dont seuls les bras et les mains sont visibles, prend une poignée de feuilles de thé vertes et les remue doucement, en les mélangeant dans le grand panier qui contient un lit dense de feuilles de thé fraîches. Les feuilles de thé sont vert vif et humides, et certaines sont torsadées, ce qui suggère qu'elles viennent d'être récoltées. Le panier est posé sur une surface de travail en bois. En arrière-plan, d'autres paniers tissés plus petits et un tas de feuilles de thé vertes supplémentaires sont visibles sur le sol, à côté d'un mur en bois. L'éclairage est naturel et direct, provenant de la droite, ce qui met en évidence la texture des feuilles de thé et des paniers. La scène est nette et bien mise au point sur les mains et les feuilles de thé au centre de l'image. Le tri des feuilles fait partie du processus de transformation du thé après la récolte.

Qu’est-ce que le Xia Cha ?

Le Xia Cha (夏茶) désigne les feuilles de thé récoltées et transformées en été en Chine, généralement entre mai et juillet. Les conditions estivales accélèrent la croissance du théier et peuvent donner des feuilles plus riches en polyphénols et en caféine. En tasse, ces récoltes peuvent produire des thés plus corsés et astringents que certaines récoltes de printemps.

Quand a lieu la récolte du thé en été en Chine ?

Il n’y a pas une date unique pour toute la Chine. La période de la récolte du thé en été dépend de la région, de l’altitude et du climat.
En Chine, le Xia Cha (夏茶) est généralement récolté entre la mi-mai et juillet, mais le calendrier peut varier d’une plantation à l’autre

Le thé d’été est-il moins bon que le thé de printemps ?

Le thé de printemps est souvent apprécié pour sa finesse, sa fraîcheur et ses arômes délicats, tandis que le thé récolté en été peut apporter davantage de puissance et de structure.
Tout dépend donc du style de thé recherché. Une récolte estivale sera généralement moins recherchée pour certains thés verts chinois très fins, mais peut être intéressante pour certains thés noirs chinois et d’autres styles de thé.

Quelle est la différence entre Xia Cha et second flush ?

Le Xia Cha désigne une récolte effectuée en été en Chine, tandis que second flush désigne plus généralement une deuxième période de récolte après la première, souvent utilisée pour les thés indiens.

Quels thés chinois sont récoltés en été ?

Les récoltes d’été peuvent être utilisées pour différents types de thés chinois, notamment certains thés noirs, comme le Dianhong du Yunnan. Elles peuvent également entrer dans la fabrication de certains thés verts.


Après avoir découvert le Xia Cha, je dois avouer que je ne regarde plus les saisons de récolte tout à fait de la même façon.

Avant, j’aurais facilement imaginé le printemps comme la grande star du calendrier du thé, avec ses précieuses premières pousses, et l’été comme une récolte un peu moins intéressante.

Mais c’est finalement beaucoup plus subtil que ça.

Le thé de printemps nous offre souvent la finesse, la fraîcheur et la délicatesse des premières pousses.

Le Xia Cha, lui, raconte une autre histoire : celle d’un théier qui pousse plus vite sous le soleil d’été, donnant parfois des feuilles plus robustes, plus structurées et particulièrement intéressantes pour certains styles de thé, notamment les thés noirs chinois.

Et c’est peut-être ça que je retiendrai surtout de cette découverte :

dans le monde du thé, une caractéristique qui semble être un défaut peut devenir une qualité dès qu’on la remet dans le bon contexte.

Une feuille trop corsée pour un thé vert délicat peut devenir une excellente matière première pour un thé noir généreux et chaleureux.

Alors, la prochaine fois que vous croiserez les mots « Xia Cha », « récolte du thé en été » ou « thé d’été chinois », ne vous arrêtez pas simplement à la saison.

Regardez ce qu’il y a derrière l’étiquette :

Quelle région ? Quel cultivar ? Quelle récolte ? Quel type de thé ? Et surtout, comment cette feuille a-t-elle été transformée ?

Parce qu’au fond, il n’y a pas vraiment de duel entre le printemps et l’été.

Il y a simplement une même plante, plusieurs saisons, et des milliers de façons de raconter son histoire dans une tasse.

Et maintenant, la prochaine fois que je boirai un thé d’été, je crois que je penserai un peu moins à ce qu’il aurait pu être au printemps…

et beaucoup plus à ce qu’il est devenu.

Et vous, avez-vous déjà goûté un thé récolté en été ? Dites-moi ce que vous en avez pensé en commentaire !


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